Rappel et mise au point sur l’animation immédiate

Il est apparu important, à l’occasion des révélations sur la confusion introduite par l’enseignement du père Marie-Dominique Philippe ses comportements ou ceux induits de nombreux membres de sa Communauté,  au sein de celle-ci et au-delà d’elle, de personnes, de mouvements, de pensées théologiques ou philosophiques (inclus venant de personnes de bonne foi) sur la manière de considérer l’Embryon, son animation et le caractère sacré de la Procréation humaine… en lien avec l’union naturelle (ou médicale)

  • de rappeler justement le rôle majeur de cette erreur de jugement, et en opposition au pape Jean Paul II, cristallisée dans la Communauté après la Déclaration au Conseil Pontifical pour la vie du 24 février 1998, sur la présence de l’âme dans l’embryon dès son marquage et son individuation génétique(*) dans l’appréhension des repères ontologiques et anthropologiques au moment des débats bioéthiques qui ont commencé dès la 1ère fécondation in vitro en 1984, et au plus fort de ceux-ci dans ceux débattant du clonage humain de 1999 à 2005 en France et à l’ONU.

(*) Les trois sagesses, édition 1994, page 186 : « …Pour ceux-là, du fait même que l’embryon a son chiffre biologique, c’est le signe que l’âme a été créée par Dieu. Cette position est intéressante, mais je crains que sa perspective soit un peu apologétique, pour fournir des raisons importantes contre l’avortement… » [phrase pour laquelle Mgr Séguy n’a pas voulu donner son imprimatur]

  • de répondre à se poser la question s’il fut vraiment le seul représentant en matière morale, sociétale ou ecclésiale autorisé à promouvoir cette même erreur jusque dans les lieux de formation (Fondation de philosophie comparée, revue l’Homme nouveau, colloques Paray le-Monial, Université de la vie, école notre dame, institut catholique, conférences Bernardins, commissions  et sites bioéthiques diocésains).  Par exemple Mgr Barbarin fut élève de Aline Lizotte, métaphysicienne fondatrice de l’IPC, également promotrice de l’animation tardive, et très proche du père M-D Philippe. Il n’est pas anodin de remarquer à cette occasion que la Déclaration de Jean Paul II du 24 février 1998 à l’Académie Pontificale pour la vie autorise de dire que suggérer que le point de vue de Jean Paul II  repose sur le seul point de vue théologique personnaliste et même « apologétique »  (*) est plus que réducteur…  et des travaux  philosophiques et métaphysiques par la suite de cette déclaration ont montré que la position métaphysique de Aline Lizotte et du Père M-D Philippe  pouvait être radicalement mise en cause.  De surcroit, les points de vue anthropologiques et scientifiques sur l’individuation, les documents, magistériels, patristiques, les études théologiques, scripturaires, exégétiques ( notamment celles étonnantes faites par le CESHE du Ps 138 ou de Daniel 9, 27) ou même ontologiques (en particulier s’appuyant sur ceux portant sur la Mémoire ontologique de saint Augustin ), mystiques ( Ste Therese d’Avila, Ste Hildegarde ) sont venus  appuyer la validité de la Position du pape Jean Paul II de février 1998. 

(*) le P Marie Do Philippe expose que l’argumentation contre l’avortement de Jean Paul II reposant sur l’animation immédiate, est apologétique,  non philosophique (ce qu’il aimait à rappeler en conférence!) contrairement à son enseignement réhabilitant une philosophie réaliste, métaphysique moderne: « Pour ceux-là, du fait même que l’embryon a son chiffre biologique, c’est le signe que l’âme a été créée par Dieu. Cette position est intéressante, mais je crains que sa perspective soit un peu apologétique, pour fournir des raisons importantes contre l’avortement… »  (phrase recueillie par l’apostat Frédéric Lenoir,  page 186 , Les trois sagesses, édition 1994).  

Le père M-D Philippe dit » Nous ne pourrions affirmer d’une manière absolue qu’il y a un être nouveau que si nous pouvions affirmer que l’âme est créée dès la conception, puisque l’âme est principe d’être. Or, nous ne pouvons pas l’affirmer, car nous ne pouvons pas savoir à quel moment exact l’âme est créée. Nous n’avons donc ici qu’une démonstration par mode de signe. (A) l’objection de certains : le fœtus n’est pas une personne humaine … nous répondons que nous ne pouvons conclure ni dans un sens ni dans l’autre de façon catégorique, mais que le fœtus est, dans son être vivant, virtuellement, «intentionnellement», une personne humaine » (Lettre à un ami, page 72, note 11)

  • de constater que lors des auditions dans les commissions bioéthique, parlementaires, sénatoriales ou du CCNE, les représentants catholiques laïcs, religieux ou porte paroles du CEF ( Père Verspieren, Père Dinechain, père Brugues, père Vermeersch) ou lors de débats décisifs  comme les Semaines sociales (Père Dinechain, Jean-Marie Leméné), colloques et brochures bioéthique ( Paray le monial , Cte Emmanuel, Fondation J Lejeune )  la Manifestation pour tous (Tugdual Derville, Ludovine la Rochère, AFC. etc ) ou communications plus récentes (Père Bruno Saintôt), il n’en n’est pas une seule qui mentionne le principe de l’animation immédiate, la position officielle et publique du pape Jean Paul II, mais au contraire valorisent systématiquement le principe de l’animation tardive, et, de ce fait, du courant réduisant l’Embryon à un pré-embryon, à n’être qu’une personne humaine en puissance, un être humain potentiel laissant libre-cours aux pensées gnostiques le redisant plus simplement à un amas de cellules.  Aucun aggiornamento de ces autorités n’a été emis depuis 25 ans, ce qui, évidemment, met dans la confusion actuelle les responsables religieux, juridiques, politiques, de la communication, de la formation, catholiques inclus, en matière d’animation immédiate. Beaucoup sont pourtant le plus souvent d’ailleurs de bonne foi, persuadés que l’Eglise a toujours dit que l’embryon etait une personne dès sa conception biologique… sans remarquer que la conception, d’un point de vue spirituel, se définit non biologiquement mais comme le lieu et l’instant de la création et de l’union de l’âme humaine dans la personne. Considérer que l’animation est tardive induit automatiquement que la conception au sens métaphysique, philosophique, ontologique, anthropologique et religieux est aussi tardive et ne correspond pas à la conception biologique qui elle porte la marque biologique individuée et unique de l’embryon : l’embryon n’est pas pour ceux qui ont promu l’animation tardive une personne corps, âme et esprit dès le début de son existence biologique et génétique parfaitement individuée.
  • de se réjouir néanmoins que Mgr Aupetit et Mgr d’Ornellas interrogés publiquement, ont répondu dans le sens de la Déclaration de Jean Paul II et de la juste interprétation des textes du Magistère de l’Eglise en ces matières  qui rejoint la démonstration philosophique exégétique et théologique dont notre site https://bioethiquecatholique.fr  se fait l’écho à la suite de l’appel du CEF en 2018 aux catholiques à réfléchir aux fondements de l’humanité et contribuer au débat bioéthique en cours 

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