A propos du Père Bruno Saintôt

« Dans la récente exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape François, héritier de Vatican II, valorise la décision en conscience des époux et ne considère plus les méthodes naturelles comme impératives mais encouragées en raison d’une lecture personnaliste intégrant les dimensions physiques, psychiques et spirituelles des personnes : « Le recours aux méthodes fondées sur les ‘rythmes naturels de fécondité’ (Humanae vitae, §11) devra être encouragé. On mettra en lumière que ‘ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique». La régulation des naissances par la pilule non abortive peut donc être, sous certaines conditions, également compatible avec le respect du corps, la tendresse, la liberté authentique. C’est cette qualité relationnelle qu’il importe de promouvoir.« 

Voici donc un extrait d’un article co-écrit par le père Bruno Saintôt, expert auprès de la Conférence des évêques de France sur les questions de bioéthique et responsable du département éthique biomédicale du Centre Sèvres, article paru dans la revue Projet intitulé « Fécondité : le discours officiel de l’Église évolue« 

Cet extrait fait référence à la Note 222 de Amoris laetitia:

« L’accompagnement doit encourager les époux à être généreux dans la communication de la vie : « Conformément au caractère personnel et humainement complet de l’amour conjugal, la bonne voie pour la planification familiale est celle d’un dialogue consensuel entre les époux, du respect des rythmes et de la considération de la dignité du partenaire. En ce sens, l’Encyclique Humanae vitae (cf. nn. 10-14) et l’Exhortation Apostolique Familiaris consortio (cf. nn. 14 ; 28-35) doivent être redécouvertes afin de [combattre] une mentalité souvent hostile à la vie. […]. Le choix responsable de devenir parents présuppose la formation de la conscience, qui est ‘‘le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre’’ (Gaudium et spes, n. 16). Plus les époux cherchent à écouter Dieu et ses commandements dans leur conscience (cf. Rm 2,15) et se font accompagner spirituellement, plus leur décision sera intimement libre vis-à-vis d’un choix subjectif et de l’alignement sur les comportements de leur environnement ».[248] Ce que le ConcileVatican II a exprimé avec clarté est encore valable : « D’un commun accord et d’un commun effort, [les époux] se formeront un jugement droit : ils prendront en considération à la fois et leur bien et celui des enfants déjà nés ou à naître ; ils discerneront les conditions aussi bien matérielles que spirituelles de leur époque et de leur situation ; ils tiendront compte enfin du bien de la communauté familiale, des besoins de la société temporelle et de l’Église elle-même. Ce jugement, ce sont en dernier ressort les époux eux-mêmes qui doivent l’arrêter devant Dieu ».[249] 
D’autre part, « le recours aux méthodes fondées sur les ‘‘rythmes naturels de fécondité’’ (Humanae vitae, n. 11) devra être encouragé. On mettra en lumière que ‘‘ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique’’ (Catéchisme de l’Église catholique, n. 2370). Il faut toujours mettre en évidence le fait que les enfants sont un don merveilleux de Dieu, une joie pour les parents et pour l’Église. À travers eux, le Seigneur renouvelle le monde ». [250]

Or Mgr Aillet commentait ce paragraphe différemment et plus justement d’ailleurs que le Père Bruno Saintôt dans cet article de la revue Projet :  Pour autant, il n’élude aucune question épineuse, y compris celles qui sont débattues dans le contexte sociétal d’aujourd’hui, et il n’hésite pas à porter une parole qui est à « contre-courant ». En ce sens, il juge sévèrement « les interventions coercitives de l’État en faveur de la contraception, de la stérilisation ou même de l’avortement » (n. 42). En invitant à redécouvrir le message de l’encyclique Humanae vitae de Paul VI, il en souligne l’actualité et le caractère prophétique en matière de régulation des naissances (n. 82) ; il ira jusqu’à encourager « le recours aux méthodes fondés sur les rythmes naturels de fécondité » (n. 222). Il ne badine pas sur le droit inaliénable à la vie : il dénonce une mentalité antinataliste et des politiques mondiales de santé reproductive qui conduisent à un inquiétant déclin démographique (n. 42). Il exprime surtout un grand oui à la vie : « La valeur d’une vie humaine est si grande, et le droit à la vie de l’enfant innocent qui grandit dans le sein maternel est si inaliénable qu’on ne peut d’aucune manière envisager comme un droit sur son propre corps la possibilité de prendre des décisions concernant cette vie qui est une fin en elle-même et qui ne peut jamais être l’objet de domination de la part d’un autre être humain » (n. 83). Il insiste pour dire que la vie est toujours un don de Dieu, même quand elle n’est pas désirée par ses parents : « Tout enfant est dans le cœur de Dieu, depuis toujours, et au moment où il est conçu, se réalise l’éternel rêve du Créateur. Pensons à ce que vaut cet embryon dès l’instant où il est conçu ! » (n. 168). D’où la préconisation de moyens concrets, ….  pour accueillir dignement ce don de Dieu.   

Et Mgr Aupetit, archevêque de Paris, situe mieux l’emploi du terme « encourager  » qui porte plus sur la générosité à accueillir la vie que sur les moyens de l’assumer : la régulation et la volonté de mettre en oeuvre la regulation naturelle  restant la base du dialogue et de la paternité et maternité responsable. Second aspect fondamental de l’accompagnement matrimonial : celui du don de la vie et de l’accueil des enfants. La ligne pastorale de l’exhortation reprend l’enseignement traditionnel de l’Église depuisHumanae Vitae. Elle réaffirme l’encouragement des époux à être généreux dans la communication de la vie, tout en exerçant la paternité et la maternité de manière responsable au moyen d’un dialogue voulant mettre en œuvre la régulation naturelle des naissances (AL 222).

Questions : Concernant la transmission de la vie, est-ce que je connais les méthodes de régulation naturelle des naissances (voir Humanae Vitae 12 à 16 et Familiaris Consortio 32, AL 222 et CEC 2370) ?

Commentaire Bioéthique & Catholique

 Ainsi, il semble bien que cet article de « Projet » faisant état d’ouverture selon Amoris Laetitia à l’utilisation de la pilule non abortive,  soit une interprétation pure et très excessive, s’appuyant abusivement sur l’utilisation du mot « encourager  » les méthodes naturelles, dans Amoris Laetitia (plutôt que d’en être une option « impérative » pour les époux selon Humanae Vitae) et alors que le verbe encourager portait plus sur l’accueil généreux de la vie plutôt et sur une  pastorale destinée à éclairer sur les motifs de la seule utilisation des méthodes naturelles.

Aussi, nous avons déjà évoqué le Père Saintôt dans un autre article concernant l’animation immédiate lors d’un échange radio interreligieux. Le père Bruno Saintôt ne parle pas de l’animation immédiate pourtant enseignée par Jean Paul II en février 1998 explicitement à l’Académie Pontificale pour la Vie et , au contraire , dit explicitement que philosophiquement l’animation immédiate n’est pas démontrée , ce qui est faux puisque cette démonstration en a été faite par un moine de St Jean à la demande de Mgr Seguy alors responsable désigné par Rome de la supervision de la Cte St jean  (qui ne partageait pas l’opposition du Père Marie Dominique Philippe avec la Déclaration du pape ci-dessus rappelée). Mieux ce même théologien et métaphysicien,  formé comme tous les moines de St Jean à ces disciplines en a démontré la validité théologique, doctrinale et anthropologique en introduisant aussi l’enseignement de Saint Augustin sur la Mémoire Ontologique ( ou memoria Dei ) puissance de l’âme au même titre que la Volonté et l’Intelligence , et les révélations sur la conception humaine par  deux  autres docteurs de l’Eglise : Ste Therese d’Avila et Ste Hildegarde …
Tant d’oublis de la part du Porte-Parole expert pour les évêques de France  peuvent inquiéter sur le contenu de la pastorale qu’ils peuvent faire en matière de bioéthique catholique et dont les conséquences sont hélas incalculables en cas d’erreur sur les fondements de vision et d’affirmation de notre humanité et de la dignité sacrée de la Procréation qui en est le Principe et la Source. 
Puisse notre travail de vérité, sans peur de la servir contribuera les éclairer s’ils viennent à nous lire ici …  Ne cessons pas de prier !

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