Fin de vie : déclaration des évêques de France 22 mars 2018

FIN DE VIE : OUI À L’URGENCE DE LA FRATERNITÉ !
DÉCLARATION DES ÉVÊQUES DE FRANCE


Nous devons tous pouvoir réfléchir le plus sereinement possible à la fin de vie. En apportant leur éclairage, les 118 évêques de France signent une Déclaration « Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité ! », ce jeudi 22 mars 2018.
Ils expriment leur compassion envers leurs frères et sœurs en fin de vie et saluent les professionnels de santé qui leur procurent une réelle qualité de vie avec une fin de vie la plus apaisée possible. Ils déplorent les disparités d’accès aux soins palliatifs sur le territoire national, ainsi que l’insuffisance des formations proposées aux personnels soignants, car cela engendre des souffrances tragiques. Ce sont elles qui occasionnent les demandes de légalisation d’assistance au suicide et d’euthanasie.
Avec ces constats, les évêques de France avancent six raisons éthiques majeures pour s’opposer à cette légalisation qui, à nouveau, troublerait profondément notre société.
Ils appellent leurs concitoyens et leurs parlementaires à un sursaut de conscience


extraits :


En raison de ces carences et de la médiatisation de certains cas, plusieurs réclament un changement de la loi par la légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie. Face à cette réclamation, nous affirmons notre opposition éthique pour au moins six raisons : 
1. La dernière loi a été votée récemment, le 2 février 2016. Son application est encore largement en chantier et demande une formation appropriée. Apprécier, au cas par cas, comment accompagner au mieux chaque personne en grande (2) vulnérabilité demande temps, discernement et délicatesse. Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps.


2. Fort de la fraternité qu’il proclame, comment l’État pourrait-il, sans se contredire, faire la promotion – même encadrée – de l’aide au suicide ou de l’euthanasie tout en développant des plans de lutte contre le suicide ? Ce serait inscrire au coeur de nos sociétés la transgression de l’impératif civilisateur : « Tu ne tueras pas. » Le signal envoyé serait dramatique pour tous


3. Si l’État confiait à la médecine la charge d’exécuter ces demandes de suicide ou d’euthanasie, des personnels soignants seraient entraînés, malgré eux, à penser qu’une vie ne serait plus digne d’être vécue, ce qui serait contraire au Code de déontologie médicale : « …Tuer, même en prétendant invoquer la compassion, n’est en aucun cas un soin. Il est urgent de sauvegarder la vocation de la médecine.


4. Même si une clause de conscience venait protéger les soignants, qu’en serait-il des personnes vulnérables ?(…) La détresse de celles qui demandent parfois que l’on mette fin à leur vie, si elle n’a pu être prévenue1, doit être entendue. Elle oblige à un accompagnement plus attentif, non à un abandon prématuré au silence de la mort. Il en va d’une authentique fraternité qu’il est urgent de renforcer : elle est le lien vital de notre société.
À ce sujet, voir les propositions concrètes données dans le document : Mgr Pierre d’Ornellas et alii, Fin de vie, un enjeu de fraternité, Salvator, 2015, pp. 147-149.


5. Les tenants de l’aide au suicide et de l’euthanasie invoquent « le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin ». Ils prétendent que «… C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui ». Mais qu’est-ce qu’une liberté qui enferme la personne vulnérable dans la solitude de sa décision ? L’expérience atteste que la liberté est toujours une liberté en relation grâce à laquelle le dialogue se noue afin que le soignant soit bienfaisant. ..Si certains font le choix désespéré du suicide, la société a avant tout le devoir de prévenir ce geste traumatisant(qui) ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire. (3)


6. Réclamer sous quelque forme que ce soit une « aide médicale à mourir »…des institutions spécialisées dans la mort….  C’est conduire notre système de santé à imposer à nos soignants et à nos concitoyens une culpabilité angoissante, chacun pouvant être amené à s’interroger : « Ne devrais-je pas envisager un jour de mettre fin à ma vie ? » Cette question sera source d’inévitables tensions pour les patients, leurs proches et les soignants et pèserait gravement sur la relation de soin.


Ne nous trompons donc pas d’urgence ! La fraternité relève d’une décision et d’une urgence politiques que nous appelons de nos vœux.


Commentaires  de Bioéthique et Catholiques


Bravo! Ne faudrait-il pas ajouter quelques éléments pratiques pour conforter cette déclaration? :
  • la question  est aussi à relier aux dons d’organes comme cela a été relevé sur le blog : la position des évêques de France reste peu lisible quant au statut de la personne en fin de vie et notamment  qui permettrait de prélever en fin de vie (euthanasie) des organes «chauds» : l’âme humaine reste-t-elle présente après la mort dite clinique que les hôpitaux considèrent être « acquise » à la « mort cérébrale » ?
  • Enfin l’euthanasie ne semble pas relever de la loi bioéthique et le Ministre de la Santé a déjà déclaré que il n’y aurait pas de révision de la loi Leonetti. Nous attendrions des positions qui fassent honneur à l’Eglise pour que soient fixées des repères ontologiques et  le rappel de droits naturels face aux dérives du droit positif qui ne cesse de mener les droits humains dans une chute dévastatrice : celle qui met l’être humain au rang d’objet, de matériau, d’amas de cellules . Quant l’Eglise de France affirmera que dès le début de son existence biologique l’embryon possède une âme immortelle , et donc est à part entière une personne humaine ?
  • Et pas seulement du point de vue éthique mais surtout du point de vue ontologique, et théologique qui fonde son statut humain dès la conception à égalité avec toute personne humaine née , finalisée  et orientée vers la vie éternelle dont chacun aura à rendre compte … et en particulier les gouvernants et tout homme responsable dans la cité.


Plusieurs articles ici justifient d’attendre de la part des autorités épiscopales le courage de dire la vérité que nos papes ont eu quant à eux le courage de déclarer et qui sont ignorées systématiquement depuis 15 ans et plus (comme d’ailleurs, par exemple, la légalisation du clonage humain en France) :
le COIN DES THEOLOGIENS : textes du Magistère, des papes, d’évêques, de Docteurs de l’Eglise  
l’ANGLE METAPHYSIQUE :démonstration de l’âme et de l’embryon  http://bioethiquecatholique.fr/p/le-coin-de-la-metaphysique.html
POINT DE VUE DU DROIT POSITIF ET NATUREL : le Statut de l’Embryon humain


EMBRYONS et MANIPULATIONS PMA de CONCEPTION  : et Dieu dans tout ça?

RELIGIONS ET CREATION DE L’ÂME

http://bioethiquecatholique.fr/p/religions-et-creation-de-lame.html

1 Commentaire

  1. C'est qu'on a du mal à comprendre que les évêques fassent une déclaration sur l'euthanasie alors que cela ne fait pas parti des révisions bioéthiques. Il y a pourtant matière à dire sur les transgressions qui se font d'ors et déjà sous nos yeux !

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