Les catholiques sont invités à prendre part au débat et à la réflexion

Les catholiques sont invités à prendre part au débat et à la réflexion  « Notre souhait est surtout de repartir des fondamentaux : qu’est-ce que l’homme dans sa globalité ? Et que voulons-nous pour lui demain ? »

Chers lecteurs voici l’article de presse qui a incité notre collectif à saisir la balle au bond et entrer dans l’initiative voulue par nos évêques.

Article La Croix du 23 janvier 2018, itw Mgr Gosselin
extrait :

Mgr Gosselin : « Quels enfants voulons-nous laisser à la planète ? »
Propos recueillis par Anne-Bénédicte Hoffner23/01/2018 à 17h05

La Croix : Comment la Conférence des évêques de France (CEF) s’est-elle organisée pour participer aux états généraux sur la bioéthique ?
Mgr Hervé Gosselin :
La CEF a mis en place une commission de travail sur la bioéthique, composée de six évêques et deux prêtres, sous la direction de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes (1). L’une des premières choses que nous avons décidées est cette journée de formation, qui s’est tenue samedi 20 janvier au Collège des Bernardins.
Nous avons proposé à tous les évêques d’y envoyer une ou deux personnes de leur diocèse, déjà sensibilisées au sujet et désireuses de se former davantage. Un peu moins de 50 diocèses étaient représentés. Cela nous a permis de commencer une réflexion ensemble, alimentée par une bibliste, une juriste, une psychanalyste, un moraliste… Et les participants ont maintenant pour mission de solliciter des rencontres dans leur diocèse, ou de participer à celles qui s’y tiennent : ils doivent sensibiliser les chrétiens, et les autres.
Dans les semaines qui viennent, notre cellule va recevoir et écouter des hommes politiques, des scientifiques, des juristes etc. Nous consacrerons aussi aux thèmes des états généraux une partie de notre prochaine Assemblée plénière à Lourdes : nous y rendrons compte de nos avancées. En nous appuyant sur tout ce travail, et sur les débats locaux et les remontées des diocèses, nous devrions publier un texte, vraisemblablement au troisième trimestre, qui exprimera la position de l’Église sur ces sujets.Sur le fond, comment avez-vous décidé de prendre part au débat ? Avec quels arguments et quelle stratégie ?
Mgr Hervé Gosselin : Nous souhait est surtout de repartir des fondamentaux : qu’est-ce que l’homme dans sa globalité ? Et que voulons-nous pour lui demain ? Nous ne voulons pas traiter les sujets les uns après les autres – procréation, euthanasie, intelligence artificielle… – mais ensemble, car tous touchent à la question de l’homme.
Notre réflexion doit être à la fois philosophique – elle peut d’ailleurs être partagée par d’autres croyants et hommes de bonne volonté – et éthique. Je me réjouis de voir que de plus en plus de nos contemporains se demandent quelle planète nous souhaitons laisser à nos enfants. Mais nous devons aussi nous interroger sur les enfants que nous voulons laisser à la planète ! On ne peut pas traiter l’homme sans son environnement, et réciproquement, et donc traiter les questions de bioéthique en faisant l’économie d’une réflexion sur l’écologie. Celle-ci, au sens où le pape François l’envisage dans son encyclique Laudato Si’, en est le fondement.

Cette manière de vous positionner n’est-elle pas un moyen de sortir de l’accusation selon laquelle vous ne parleriez qu’au nom de votre foi ?
Mgr Hervé Gosselin : Notre participation à ces états généraux n’est pas seulement une question de foi, mais de vie ou de mort. Elle peut donc rejoindre celle de beaucoup d’autres de nos concitoyens.
Mon souhait est que les chrétiens se forment suffisamment pour prendre conscience de l’enjeu de ce débat. Certains peuvent se dire que ces sujets « sont trop complexes, que c’est une affaire pour des médecins ». D’autres peuvent ne voir que la protection de la planète, des espèces végétales ou animales. D’autres encore succombent à un certain fatalisme, déjà convaincus que « c’est fichu ».
Il y a un parti pris d’espérance dans ce débat : nous devons être convaincus que nous pouvons progresser dans la découverte de ce qu’est l’homme, à la lumière de l’Esprit Saint. Il ne s’agit pas, lors d’un échange avec un juriste ou un médecin, de mettre en avant un verset biblique en le présentant comme un commandement de Dieu. Nous avons encore constaté samedi combien le langage biblique est moderne, combien nous pouvons en recueillir non pas seulement des commandements mais des principes qui se justifient humainement. C’est de cela qu’il faut savoir parler.

3 Commentaires

  1. 21 février 2018 Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, est interrogé dans la Vie sur l’actuel débat sur la bioéthique. Extrait :
    L’Église est-elle suffisamment audible sur les sujets de bioéthique ?
    Il est possible qu’elle ne le soit pas. Mais elle doit parler. Si nous ne parlons pas, les pierres crieront, dit Jésus. Nous sommes entendus, nous ne sommes pas entendus… On ne pourra pas nous reprocher de n’avoir rien dit.
    Le débat voulu par Emmanuel Macron est-il joué d’avance ?
    Je n’en sais rien. Si je réponds « oui », cela veut dire que l’on prête des intentions à ce gouvernement et à notre Président. Je ne juge pas des intentions, mais des faits. Même si c’était joué d’avance, cela ne nous empêcherait pas de parler.

  2. Carême Bioethique
    Dans sa lettre pastorale de Mgr Dominique Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, à l’occasion du Carême 2018. Cette lettre propose aux fidèles deux efforts de Carême :
    => prier et de jeûner pour garantir le respect de la vocation séculaire de la médecine et obtenir la conversion de ceux qui oublient au toute vie est un don de Dieu
    = >se former sur les questions de bioéthique actuelles, pour mieux défendre la famille et protéger la vie dans toutes ses dimensions. Ainsi que de se rendre aux “débats citoyens” pour faire entendre votre voix de chrétien de citoyen.
    https://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/un-careme-bioethique

  3. Mgr Nicolas Brouwet concluait ainsi l'avis favorable à la "PMA SANS PERE" donné par la CNE
    apres avoir pourtant constaté toutes les impéries et prejudices portés à l'enfant et ses droits inaliénables

    Un débat ?
    Quelle sera la suite de cet avis du CCNE ?
    Il renvoie à une consultation citoyenne qui aura lieu lors de la révision des lois de bioéthique.
    Cet avis permettra-t-il un vrai débat serein, posé, ouvert, raisonné sur ces questions ?
    Après le vote de la loi sur le mariage pour les personnes de même sexe, une question se pose maintenant dans un autre contexte politique : est-on encore capable, dans notre société actuelle, de se parler, de dialoguer, de faire valoir des arguments en respectant la pensée de son interlocuteur ?
    C’est ce qui a manqué précédemment et qui a profondément divisé le pays. Il ne suffira pas de dire que l’AMP pour les couples de femmes ou pour les femmes seules est un progrès ; et d’accuser ceux qui s’y opposent de conservatisme.

    Car on ne voit pas, pour l’instant, où est le progrès dans le fait d’éduquer un enfant en le privant intentionnellement de la différence des sexes et de figure paternelle. On ne voit pas quel est le progrès à utiliser des techniques médicales pour obtenir un enfant à tout prix.
    S’il y a un débat, comment les media s’engageront-ils à le nourrir sans le transformer en polémique ou même en procès ?
    Aura-t-on le courage et la patience de prendre le temps du mûrissement, de l’écoute, de la réflexion et de ne pas céder aux procès d’intention, aux caricatures, aux déformations et aux raccourcis trompeurs ?
    Comment la raison aura-t-elle la priorité sur l’émotion ?
    Comment les parlementaires auront-ils la liberté de se définir en leur âme et conscience sans céder, sur ces sujets de société, à la discipline des partis ou à la crainte d’être montré du doigt ?
    Les dernières élections ont vu arriver une nouvelle génération d’élus avec l’espoir, de la part des électeurs, de renouveler le débat politique et d’administrer autrement le pays.
    Et si la consultation citoyenne était aussi l’occasion de changer nos méthodes dans le traitement des sujets de société ?

    Lettre de Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, au sujet de la PMA
    http://www.catholique65.fr/sites/catholique65.fr/files/pdf/Lettre_de_Mgr_Brouwet_PMA.pdfTarbes, le 14 juillet 2017

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