Audition P. Bruno Saintôt Révision de la loi relative à la bioéthique

Audition du RP. Bruno Saintôt s.j., directeur du département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres pour la révision de la loi relative à la bioéthique le 7 novembre 2018.

Commentaires Bioéthique & Catholique

Le père Saintot a été convoqué par la commission parlementaire : c’est une bonne nouvelle qu’un représentant de l’Eglise qui a manifesté son intérêt et ses préoccupations sur la question posée il y a un an par le CCNE  » quel avenir voulons nous ? »

A ce titre, l’exposé du père Saintot relève plus de sa position philosophique et d’arguments de raison qui ne manquent certes pas d’intérêt, face aux arguments plus idéologiques ou partisans rassemblés ici ou là.

Il prononcera une fois ou deux le mot esprit, spirituel et une fois le mot transcendance en préférant donner la parole – comme le fit la Déclaration des évêques dans les notes accompagnant leur Déclaration – au Conseil d’Etat et au Conseil Constitutionnel.

Il faut noter les réponses du Père Saintot aux questions à M. Touraine (qui fait preuve par celles-ci d’une grande perversité perfide qui instrumentalise des concepts et agissements libertaires et déshumanisants en ignorant finalement les dégâts causés aux personnes qui ne pourront pas et ne peuvent pas se défendre : un point de vue parfaitement élitiste de la conception de l’homme) Elles sont intéressantes à relever en tant qu’argumentaires face à de telles questions, culpabilisantes, inspirées par des « opinions » qui sont celle du pouvoir, qui corrodent la société, la solidarité, la fraternité . Ces dernières plaident en effet en faveur de l’individualisme et de principes relevant de la philosophie anglo-saxone (l’individu compte plus que la collectivité et l’Etat qui doit servir ces interêts individualistes) qui à force d’être importés «dé-tricottent» les fondements du modèle français (gréco-latin) , lequel privilégie, quant à lui, le bien collectif, fondé par ailleurs sur des principes mettant en oeuvre la personne humaine, sa dignité, ses droits humains, la cohésion sociale, les héritages culturels et religieux qui les constituent.

Ne faut-il pas regretter qu’au-delà de cet exposé brillant, aucune proposition concrète n’est proposée pour freiner les dérives évidentes, ne serait-ce que la loi de janvier 2016 – que le Père Saintot dénoncera très justement en ce qu’elle justifie de travailler sur des gamètes artificielles (il évoquera aussi les utérus artificiels déjà autorisé en 2011) et leur fécondation- qui permet de procréer des enfants cette fois en évacuant cette fois et le père et la mère biologique qui sont parties intégrantes de la personne et de sa dignité (et que la loi PMA pour femmes et la GPA excluent, mais l’une le père, l’autre la mère, tout en marquant à vie l’enfant d’avoir été vendu 100.000 e), voire de créer à la carte des enfants : un eugénisme libéral que chacun peut qualifier de néo-nazisme génétique.

Il rejoindra en cela la dénonciation par JM Lemene au cours de son audition qui dévoilera que cette loi donne le contre des transgressions à ceux à qui les commettent pour faire évoluer la loi dans leur sens.

Le principe qu’il cherchera à faire passer : si le législateur écoute les partis individualistes (à l’instar des sociétés multiculturalistes et des conceptions « conséquentielles » mettant en avant par exemple des « risques » prévisibles de santé des individus procréés, le plus souvent en bafouant leur liberté de parents ou d’être humain), il n’y a plus de place pour l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’homme, donc de l’homme, de tout homme. La seule voie possible du législateur, qui a cette responsabilité d’assurer la cohésion et la vie en société, est de fonder ses choix sur la personne humaine et en particulier la personne humaine la plus fragile et la plus vulnérable. Ne pas le faire est donner la place au totalitarisme élitiste et égoïste dont la France a suffisamment souffert pour la conduire à ériger la fraternité comme un des axes fondateur de son esprit et de son rayonnement dans le monde. La solidarité dont la France est reconnue comme exemplaire (le Portugal ne donne aucune aide sociale manifestant concrètement cette solidarité pour les plus faibles socialement, économiquement ou médicalement, conséquence les immigrés ne s’arrêtent pas chez eux) doit trouver ses réalisations en se fondant sur le principe cette fraternité.

Il faut attendre la fin de l’audition (55 è minute) les réponses du Père Saintot à un député, Monsieur Patrick Haetzel, pour entendre préciser le contenu de son exposé et le voir motiver les principes à sauvegarder et que la loi Bioéthique détricote qui reposent sur celui de la personne humaine dans sa globalité et toutes ses relations et connexions. Il est aussi question de la Dignité de la Procréation avancée par la Déclaration des évêques : une Procréation qui n’a rien d’anodine et qui doit être auscultée dans ses liens directs impactant bien des conséquences pour la société française, et au-delà de ses frontières, la société humaine, et les personnes qui l’habitent.

La question du député portait sur ce qui peut guider les interdits que le législateur peut opposer. Le père Saintot évoque plus clairement le contenu de son exposé liminaire : « le fil rouge à ne pas franchir concerne la personne humaine, sa dignité et même celle de la procréation » qui le détermine et détermine inexorablement ce qui constitue le tissu social, les relations, la solidarité et la fraternité sociales tant il est vrai que tous les aspects sont impacts y compris économiques (via l’introduction de la marchandisation du corps, ou même les remboursements de ces actes de PMA et recherches qui utilisent l’humain- sans règle de priorité sur ..l’humain- le plus faible, le plus malade socialement ou physiquement)

N’eut-il pas été le moment de profiter de cette audition mise à disposition publique pour donner une parole catholique ? Et laquelle aurait pu donner des arguments forts de convictions catholiques aux hommes catholiques et religieux, aux hommes de conscience (et pas seulement de raison) sur justement ce qui fonde cette Dignité de l’homme et de sa procréation ?

Par exemple, le Père Saintot a mis l’accent sur la fraternité. Certes, or cette fraternité d’où vient-elle ? Sinon de notre identité commune d’êtres humains doués d’intelligence, d’une âme, d’une vie immortelle lesquelles nous sont donnés par une même Paternité Divine? Et nul n’échappe à ce fait ! Il est même reconnu, des philosophes grecs païens, que nous tenons notre être d’un Etre Premier (par la raison, plus précisément par induction métaphysique d’Aristote) et que si nous mourrons tous, cette mort s’induit vers une vie (âme) immortelle. La foi religieuse, de son côté, proclame la vérité que cet Etre Premier est Dieu. La foi catholique déclare à son tour que cette Paternité Divine est acquise pour tous indistinctement à la PROCREATION. Telle est la Dignité Sacrée de la Procréation que l’Eglise a le devoir de proclamer sans avoir peur en pareille occasion qui plus est. Dieu est présent substantiellement à chaque conception humaine dans une Présence Divine, d’Acte Divin de Don et de Liberté Pure, qu’il n’est pas difficile de nommer comme le fait l’Ecriture Révélée: le Saint des Saints . C’est ce qui fit dire publiquement au President J Chirac que la Procréation était le Sanctuaire réservé à Dieu seul (salon Biovision de janvier 2001 à Lyon). Ce site bioéthiquecatholique offre les preuves et documents qui établissent ce qui conduit à cette affirmation.

Le caractère sacré de la vie humaine découle de ce Fondement de la nature et de l’espèce humaine, ainsi que le respect dû à tout homme depuis le début de son existence qui est sa conception, à l’apparition (à celle du génome pendant la fécondation) de son corps biologique et pas seulement à sa naissance ou en fonction de son état de santé ou mental.

L’Eglise proclame aussi un jugement particulier et un Jugement dernier auquel nul non plus n’échappera, pas plus que la mort. La Profanation de ce Saint des Saints , 3è Transgression ( après celui du Péché d’Adam et le Rejet du Messie en Jésus) mettra en lumière tous ceux qui par leur choix, leur complicité, leur silence face aux prédateurs de la Procréation humaine : ne seront-ils pas jugés coupables devant le Tribunal de Dieu et le Tribunal de l’humanité pour avoir persisté à refuser de dire la vérité et d’éclairer le peuple de Dieu, les Rois et ceux qui les interrogent ?

A Nüremberg la condamnation des manipulations génétiques et du clonage humain avaient comme quelque peu réparé le crime génétique nazi. Aujourd’hui la loi Bioéthique déchire cette réparation ; les médias et même les porte-paroles de la vérité et de la défense des droits et de la dignité humaine cachent même la réalité de ces crimes pour ce qu’ils sont .. sauf quelques exceptionnelles voix du monde scientifique qui eux savent ces vérités

 

Contribution complémentaire sous forme de question/réponse

 

  • A propos de la minute 55′, j’ai proposé ceci comme correctif à la réponse du père sj:
    « Il faut admettre que ces critères de dignité humaine, de fraternité, d’égalité se sont révélés inopérants, voire inadéquats comme le suggère votre question, Monsieur Patrick Haetzel !  Maintenant, ces critères ne peuvent honnêtement que s’effacer devant l’unique critère de l’inviolabilité de la procréation, critère transcendantal ; Voilà pour répondre à votre excellente question sur « les lignes rouges », M. Patrick Hetzel !

 

  • « N’ayez pas peur ! » ?…  interrogeait  d’ailleurs M Touraine à l’instant ( minute 32’22 )?
    « Oui : N’ayez pas peur ! » Mon Père … De répéter, et au nom de l’Eglise dont vous êtes ici le porte parole (exclusif !),  de parler de la transcendance sur le sujet à commenter : Celui qui a dit « N’ayez pas peur » est celui qui a dit : « C’est au au moment précis de l’apparition du génome que le Créateur anime et vivifie l’homme  » (24 février 1998). Cette source ontologique doit être introduite comme critère infranchissable de réflexion, de discussion, de discernement.
    Sinon, ça patauge comme on le voit dans le détricotage compulsif des abominateurs, bien perçu par les Etats généraux de bioéthique.

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