L’embryon et les 3 Religions

L’embryon : Est-il une personne ? Y a-t-il des textes suffisamment clairs là-dessus?

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Souvent revient cette expression : « respecter la dignité de la personne depuis sa conception à sa mort naturelle ». Mais, si l’on ne connaît et ne définit pas ce commencement de la personne humaine, si au contraire on laisse sous-entendre, comme le font les partisans de l’animation tardive, qu’il y a des étapes entre un moindre-être que serait le stade « amas de cellules » ou « être végétatif » ou “petit animal », et un “plus d’être” : le fameux moment où l’âme spirituelle serait infusée, comment ne pas en tirer la conclusion qu’au commencement de son existence génétique et biologique, l’être humain n’est pas encore une personne ! Qui, quand suspecter de porter atteinte à ce qui n’est pas encore?

 Commentaires de Bioéthique et Catholiques 

 Sur la question de l’animation de l’être humain  voici ce que nous avons relevé des prises de positions  de la part des representants « autorisés  » de l’Eglise  depuis 20 ans (et plus ) . Dans l’entendement ordinaire, la conception est souvent confondu avec la fécondation … mais  la conception est le moment où justement chacun de nous a commencé d’exister dans une unité plenière du corps de l’ame et de l’esprit : au moment de la création (de l’âme humaine) par Dieu (Humani Generis de Pie XII) et ne se confond pas obligatoirement avec la fécondation  qu’il est plus facile de situer au moment de la fécondation  biologique de l’ovule et du spermatozoïde 
Les textes  catholiques affirment que dès la conception l’embryon est une personne humaine à part entière . Il reste qu’ en approfondissant la conception humaine  la question du moment de cette conception n’est pas claire. C’est le bilan que nous avons voulu dresser ici pour vous 

 

Une  réponse est apportée dans le blog déjà au niveau du Magistère, des paroles des papes, et docteurs de l’Église:  http://bioethiquecatholique.fr/p/le-coin-des-theologiens.html: ils parlent de conception comme étant celui qui fait être l’être humain avec une âme spirituelle uni à son corps , mais pas du moment de cette conception,
Par contre l’Académie Pontificale pour la vie, en concordance avec le point de vue biologique rejoint la pnsée du pape Jean Paul II http://bioethiquecatholique.fr/p/blog-page_15.html

 

Reste à savoir si les porte-paroles de l’Église de France sont vraiment en concordance avec leur mission d’éclairer les politiques, scientifiques, médecins et médias et les fidèles catholiques qui se posent ces questions  …. nos pasteurs, évêques nous demandent de réfléchir et d’approfondir les fondements de notre humanité, ce que nous entreprenons de faire depuis plusieurs semaines pour que les choses soient, ENFIN, plus claires et explicites pour les catholiques et leur témoignage en tant que tel dans les débats  et référendum bioéthiques actuels…. Chacun peut poser d’ailleurs la question à son curé, son évêque, les responsables de la bioéthique qu’il a désignés …. avec les liens ci-dessus il y a de quoi motiver notre démarche auprès d’eux .

 

L’Église proclame-t-elle l’animation tardive ou, comme le pape, l’animation immédiate
Voici  ce que nous pouvons recenser en la matière (ce travail de synthèse n’est pas définitif : comme pour tous les articles publiés ici, nous remercions de ce qui permettra de l’améliorer ou de mieux le cerner en vérité, sans tabou et sans omerta):

 

Pour les représentants du Conseil Episcopal de France et leurs responsables de « mission Bioéthique »

 

=> le site du CEF ne présente actuellement aucune rubrique sur le statut de l’embryon autre que des textes d’encycliques  mais à aucun moment n’évoque la Déclaration de Jean Paul II à l’Académie Pontificale pour la vie de février 1998 [voir 1er lien du blog ci-dessus], ou même la position de la même Académie sur cette question [voir 2è lien du blog ci-dessus]

 

=> père Olivier Dinechain (sj) : sa réponse aux Semaines Sociales de France en 2002 (le document final est sur internet)  a été claire : l’Église ne s’est pas prononcée et opte préférentiellement pour l’animation tardive . En coulisse il a dit que jean Paul II s’était trompé et avait été « acheté  » par des puissances financières pour dire des choses aussi stupides que sa déclaration de février 1998. Il ne e sera contredit par AUCUN ecclésiastique ou théologien ou religieux présent et il y en avait !!!

 

=> père Bruguès dominicain, devenu ensuite évêque d’Angers,  nommé au Comité Consultatif National d’Ethique ( CCNE ) fera une communication présentant les positions phénoménologiques allemandes et idéalistes britanniques, déniant un quelconque statut d’être humain dans son développement précoce, puis évoquera les positions tardiviste et immédiate française mettant la seconde au rang des principes qu’il ne partageait pas (sans toutefois citer le pape Jean Paul II et sa Déclaration). Il reprendra, devenu évêque d’Angers, les mêmes positions (Mgr J.L. Bruguès, Où et quand commence la vie ?, Pour une bioéthique européenne, Annales d’histoire et de philosophie du vivant, Vol. 7, pp. 51-56.) tout à fait analogues que celles du père Olivier Dinechain.

 

= > père Bruno Saintôt (sj au Centres de Sèvres), membre actuel de la commission bioéthique du CEF, expose dans une émission France Culture de 2015  que l’Église considère la question du statut de l’Embryon du point de vue ontologique ( personne ou non , animation ou non?) “l’animation  immédiate ou tardive ont été débattues en reprenant les catégories d’Aristote (40è jour) .. L’Église n’a pas pris de position philosophique ….pour pouvoir définir l’embryon en tant que personne  un statut « énigmatique« . Du point de vue éthique l’embryon doit être traité comme une personne et non pas en tant qu’étant une personne”.  Enfin du point de vue juridique le droit canonique a varié au cours des temps, puis plus loin l’Église catholique dit tout acte qui a pour conséquence une destruction d’Embryon est une instrumentalisation de l’être humain: il serait plus digne de le laisser mourir il serait mieux de ne pas les produire d’où le fait de préférer la congélation des ovocytes plutôt que celle des embryons ; la critique de l’Église à propos du DPI, l’instrumentalisation et le statut de l’embryon rentrent dans une cohérence politique et éthique”
 
le rôle de la Communauté t St Jean:
Le livre « les 3 sagesses » (ed 1993, rééditée 9 ans plus tard) du père Marie Dominique Philippe, leur fondateur affiche une position tardiviste qui oblige tous les religieux et oblats de cette communauté St Jean. Elle influence depuis 25 ans de façon quasi générale tous les catholiques de France, faute de contradiction métaphysique (sinon celle faite pour les papes Jean Paul II et Benoit XVI sous l’autorité de Mgr Séguy évêque aujourd’hui émérite, travail ignoré au même titre que la Déclaration du pape Jean Paul II du 24 février 1998)

 

Quelques voix, à notre connaissance, optent pour afficher une position immédiate:

 

=> Olivier Arduin, commission bioéthique du diocèse de Toulon https://questions.aleteia.org/articles/114/lembryon-est-il-une-personne-humaine : il cite d’ailleurs et c’est le seul, la Déclaration de JPII de février 1998  (comme il le fait d’ailleurs dans les formations bioéthiques prodiguées à l’école cathédrale)
=> Père P. Ide (Cté Emmanuel) en s’appuyant sur des arguments phénoménologiques : on ne peut « séparer » l’embryon biologique de « l’embryon personne » [voir note du 2è lien ci-dessus]

 

=> l’Académie Pontificale pour la Vie [voir note  du 2è lien ci dessus]

 

=> quelques évêques mais qui n’en feront aucune mention…par solidarité avec le Collège épiscopal?

 

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